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Bienvenu

Reverence.Sateenkaari

Dimanche 31 janvier 2010 à 16:11

général

http://reverence-sateenkaari.cowblog.fr/images/l26a138d7bdf341f79a4c6d848e02c365.jpgBonjour, Bonsoir à toi l'étranger égaré.

Bienvenu dans cet univers qui est le mien. Je t'emmènerais au gré de mes lectures et de ma plume faire un petit voyage dont j'espère tu ne sortiras pas indemne. N'ai peur, il n'y a ici rien qui mord, juste des pages gravées par des gens un peu trop rêveurs.
Je me nomme Révérence Sateenkaari et je serais, si tu le veux bien, celle qui t'ouvrira le chemin.

" Car les mots qu'on le sache, sont des êtres vivants."
Victor Hugo.

* * *


Je ne remercierais jamais assez ma douce amie Mélisende, fidèle lectrice et courageuse correctrice, de m'avoir donner le déclic pour  cet environnement virtuel.
Ici je n'ai aucune autre ambition que celle de vous faire partager un peu de mon univers poussiéreux. J'aime lire, j'aime les livres en tant qu'objet... et vous aussi je pense...
Ce sera donc des " critiques" de ce que je lis. Des avis avec des résumés d'ouvrages, des avis, les miens, les vôtres aussi n'hésitez pas, et des citations qui m'auront touché... Et puis quelques extraits de mon univers à moi. Celui que je tisse depuis quelques années déjà...
Je ne suis qu'une écrivaillon mais j'ai la tête dans les nuages et les yeux rivés sur la Lune, alors peut être que j'arriverais à vous faire un peu rêver...

Pour des éléments plus terre à terre, et si cela vous intéresse, alors sachez qu'il est quelques heures par semaine où je tente de survivre à mon second mémoire d'histoire et archéologie des mondes anciens, que je passe mes étés et plus à tripatouiller des vieilles choses poussiéreuses et terreuses, que j'ai un adorable chaton de 4 ans et demi, Sonate, une autre boule de poils de 3 mois, Cats, et que j'ai vécu en colocation avec des musiciens complétement adorables et que je vis en collocation avec une musicienne  un cinéaste et une scientifique eux aussi adorables.
Rapidement je pense vous vous rendrez compte de l'importance qu'à la Musique dans ma vie... L'importance qu'à l'Art de manière général...

" Et faire de sa vie un Art "
Oscar Wilde
.


Je préfère tourner la mienne en Rêve...

Sur ce mes amis, je vous laisse naviguer entre ces eaux calmes et si la barque tangue, si les rives ne se dessinent qu'imparfaitement

" pardonnez nous ferons mieux la prochaine fois".

William Shakespeare.

Réverence Sateenkaari.

http://www.facebook.com/reverence.sateenkaari


Lundi 1er février 2010 à 16:45

Avis de lecture

¤ Lucìa Etxebarrìa,
Amour prozac et autres curiosités
, 1997
Edition France Loisir, collection Piment, 2000
Traduction Marianne Million


http://www.tweedehandsfranseboeken.nl/Afbeeldingen/Etxebarria.jpg




* 4ème de couverture


   Trois jeunes femmes, trois sœurs en mal d’amour dans l’Espagne mouvante d’aujourd’hui. Cristina, serveuse dans un bar madrilène, qui cherche dans l’extasy, les raves, les amants de passage, l’oubli d’un amour malheureux. Rosa «  executive woman », qui confond amour et bilans, se console au prozac. Ana, épouse modèle auprès d’un mari falot, dépressive, se shoote aux somnifères.
La chronique drôle, impudique et cruelle d’une génération espagnole qui tangue entre paradis artificiels et désenchantement.

* Citations

 
   « Toi, par exemple puisque tu as décidé d’arrêter de baiser, tu peux te mettre à écrire à écrire un roman. Pense à tout le temps libre que tu auras. » Line à Cristina, P130

«  On ne regrette pas les personnes qu’on a aimées. Ce qu’on regrette, c’est la partie de nous même qui s’en va avec elles » Cristina, P161

«  Il est difficile de me rappeler que mon cerveau n’est pas constitué de chips, que je suis humaine.
   Même si on le remarque de moins en moins. » Rosa, P 177

«  La plupart des gagnant ont un jour pris la décision de s’attaquer au sommet, ils mettent un terme à toutes les relations privées susceptibles d’être cause d’équivoques. Ils que cela revient à modifier les règles du contact humain et conduira à la catastrophe. » P226

* Avis

   Très bonne littérature de chiotte. Je m’explique, ne voyez rien de péjoratif là dedans. Il s’agit du genre de roman que l’on peut facilement laisser en plan à pratiquement n’importe quel moment et ne reprendre que pour quelques pages comme ci comme ça… pas besoin de vous faire un dessin.
   Ne l’ayant pas lu en espagnol je me baserais uniquement sur la traduction.

   Très vite nous nous prenons dans la vie des trois jeunes femmes, sans doute est-ce du à l’emploi de la première personne du singulier, ce je auquel il est facile de s’identifier, que la plume journalistique de l‘auteur nous dépeint en couleurs criardes, pastels éclatantes et vitriole acide.
Elles ont des plaies des blessures qui sont comme celles du commun des mortels. Elles n’en sont ni plus intéressante, ni moins, juste des blessures. Que ce soit la mère de famille, femme d’affaire ou la junkie, cela n’a aucune importance car elles souffrent toutes de souffrances que chacun a déjà ressenti, ressent ou ressentira. C’est assez universel et le langage parfois cru contraste avec les envolées plus poétiques. C’est un mélange détonnant de pensés d’affirmations, d’infirmations, qui nous affiche une vérité pas forcément belle mais terriblement vraie. Il est troublant de remarquer le personnage le plus attachant, sans doute par ce qu’il s’agit du plus développé par l’auteur, Cristina, est celui qui mène la vie la plus dissolue. Tout est excessif dans son monde et sa manière de le vivre (alcools, soirées, coucheries, drogues…). On se prend tour à tour à les aimer toutes les trois, les plaindre, compatir à leurs malheurs, autant qu’on en arrive à vouloir les secouer, leur hurler qu’elles ne sont pas les plus malheureuses, qu’elles devraient plutôt se secouer et avancer plutôt que de stagner dans leurs états déprimant et dépressifs.
Le poids de la tradition, de l’éduction est mit en exergue, notamment dans son aspect religieux avec la manière dont est façonné notre mode de pensé, notre approche de certains aspect de la vie, le sexe notamment. Au-delà de toute critique c’est une constatation, la mise en avant d’un mal être, d’un fossé, d’une tension qu’il existe encore, bien qu’à moindre mesure, entre le monde d’aujourd’hui, sa tolérance des excès et des comportements jugés négativement par les textes religieux et les traditions catholiques fortement ancrées dans les pays du pourtour méditerranéen. Cette tension crée un paradoxe déstabilisant et une quête d’identité qui se mêlent à tous ces petits désastres du quotidien.

   Au final il s’agit d’un excellent livre, bourré d’anecdotes et de petites phrases assassines sonnant comme des sentences doucereuses. Le regard extérieur, la prise de recul que prennent les personnages à certains moments sur leurs vies est d’autant plus intense que ce sont ces passages qui nous révèlent la journaliste derrière l’auteur. Du poignant, du sentiment dans une tentative d’objectivité.
Idéal pour panser un peu ses propres plaies car on se rend compte que Rosa, Ana et Cristina pourrait très bien être des parties de nous même. Elles nous font nous rendre compte de la futilité, de la dangerosité de certaines de nos comportements et nous emmènent sinon à oublier ou moins prendre du recul sur ce qui nous semble être une fin du monde.

* Conseil

    À lire au moins une fois.

Courtney Crumrin, Ted Naifeh

Reverence.Sateenkaari

Lundi 8 février 2010 à 15:28

Avis de lecture

¤ Ted Naifeh,
Courtney Crumrin,
2002, 2003, 2004
Edition Akileos, 2006
Traduction Achille(s)

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/7/8/5/9782915168587.jpg


¤ 4ème de couverture


Courtney est une étrange petite fille qui a souvent du mal à s'adapter au monde qui l'entoure. Le jour où elle doit s'installer chez son oncle Aloysius, il lui faut s'adapter à une nouvelle école, dans un environnement qui n'est pas pour la mettre à l'aise. Cependant, les événements prennent rapidement un tour meilleur, puisqu'elle fait la rencontre d'êtres étranges et mystérieux qui vivent autours et dans la maison de son oncle. Bientôt il apparait clairement qu'elle est mieux en compagnie de ces Choses de la Nuit qu'avec les gamins prétentieux de son école.
Courtney Crumrin c'est un peu les peurs et les angoisses des adolescents contre des spectres effrayants, en plus d'être un excellent divertissement.

Cette superbe intégrale reprend sous une couverture originale les trois premiers tomes de la série, soit : Courtney Crumrin et les Choses de la Nuit,  Courtney Crumrin et l'assemblée des Sorciers et Courtney Crumrin et le royaume de l'ombre, mais propose également de découvrir une histoire inédite de 4 pages en couleurs, les couvertures originales de la série, ainsi qu'une galerie avec les signatures de Lewis Trondheim, Jason et la plupart des auteurs Akileos.

¤ Citations

" Le vieux Crumrin est plus fou qu'un chapelier victorien" p 7

" Et sans prononcer un mot, Il dit les plus belles choses dont j'ai jamais eut écho" P 219

¤ Avis

Il s'agit, comme lu sur la 4ème de couverture, d'une intégrale des aventures de la jeune Courtney Crumrin, un fillette pas sociable pour deux sous, qui nous sont racontées par un gobelin du nom de Butterworm.
A noter que les dessins sont en noir et blanc.

   - La première histoire: Courtney Crumrin et les Choses de la Nuit. 4 chapitres.
Il s'agit de l'arrivée de la jeune fille dans la banlieue chic de Hillsborough. Ses parents ont été forcé de déménagé car ils n'ont plus les moyens de vivre chez eux suite à des problèmes financiers. Ils s'en vont donc vivre chez l'oncle Aloysius, oncle du père de Courtney, bien qu'en réalité M. Crumrin ne sache pas trop si il s'agit de son oncle ou de son grand oncle... A noter que le vieil homme est propriétaire d'un immense manoir victorien.
Dans tous les cas nous nous rendons rapidement compte que le vieil homme semble effrayer ses voisins qui le trouve pour le moins étrange.
L'intrigue des Choses de la Nuit arrive rapidement, dès la 4 ème page avec la présence d'un gobelin dans la chambre de la fillette.
Parallèlement nous pouvons voir que Courney ne s'intègre vraiment pas dans son nouvel univers, elle se retrouve entourée de gosses de riches plus detestable les uns que les autres. 
Un soir alors qu'une Chose de la Nuit lui fait peur, elle va chercher de l'aide dans les appartements privés de son oncle. Le vieil homme n'est pas là mais sur son bureau elle trouve un ouvrage bien étrange qui s'intitule Bestiaire des Choses de la Nuit.
C'est ainsi qu'elle va comprendre que son oncle n'est pas si fou que ça, qu'il y a des créatures bien autres que les seuls humains qui peuplent les environs et qu'elle va commencer son éducation magique, plus ou moins à ses dépends.
Elle découvre la ville des Gobelins en voulant retrouver le bébé qu'elle garde et qui à été remplacé par un changeling, tente de se faire apprecier par des charmes qui se retournent contre elle... mais dans sa quête du savoir magique elle est toujours surveillée, de loin souvent, par son oncle qui veille sur elle.

Cette histoire nous permet de bien nous familiariser avec l'environnement de la bande dessinée. Elle pose les lieux importants, les personnages principaux tout en leur conservant une part de mystère attrayante qui nous pousse à lire les autres.

   - La seconde histoire: Courtney Crumrin et l'assemblée des Sorciers. 4 chapitres
Ici l'histoire est plus simple il me semble que dans le premier tome.
Un personnage jusqu'alors secondaire fait son apparition sur le premier plan, la maitresse d'école qui se retrouve être une bonne amie de l'Oncle Aloysius et également une sorcière. Ce tome nous fait entrer dans les rouages du monde sorcier avec notamment son Assemblée.
Le tome commence avec une scene d'ecole qui encore une fois se passe mal pour Courtney. Alors qu'elle traverse les bois pour rentrer chez elle, elle rencontre Butterworm qui la met en garde contre quelque chose de bien gros qui pourrait lui faire du mal ( Tommy l'décharné) . Alors qu'elle rentre, elle trouve deux hommes qui attendent son oncle. Ils vont nous apprendre le drame de ce tome. Une éminente sorcière est sous le coup d'un puissant sortilège et plusieurs autres sont morts. Elle finit par se retrouver dans un assemblée de chats, transformée en petite chatte pour l'occasion, ces reunions étants interdites aux humains. Lors d'une chasse pour determiner le nouveau chef, Courtney va faire la rencontre de Skarrow, un enfant élevé par les gobelin mais qui s'est lassé de son monde et voulait revenir dans celui des mortels. Une très forte amitiés va lié la fillette et Skarrow, amitié mise à mal par les sorciers vindicatifs et aveugle.
D'autre personnage du monde des gobelins, car Courtney y retourne, nous sont introduit comme la femme qui envoit des changeling prendre la place des enfants et qui fut la "mère" de Skarrow.

De loin il s'agit de ma favorite. Sans doute est ce du au personnage de Skarrow que je trouve absolument magnifique.On y trouve l'echo d'une histoire éternelle, celle du rejet de la différence, du bouc émissaire que l'on choisit car il n'est pas comme tout le monde...


   - La troisième histoire: Courtney Crumrin et le royaume de l'Ombre 4 chapitres
Dans ce tome nous avons d'une certaine manière deux partie. La première nous en apprend un peu plus sur le monde de Courtney avant son arrivée à Hillsburoug. Elle se rend compte que ses amis, ou plutôt son ami, à radicalement changé, devenant un petit délinquant. Elle prend alors conscience qu'elle aussi, sans s'en rendre compte à énormément évolué.
L'anecdote sur la mère de son ami Malcom est sympathique et nous montre qu'au final l'ancien monde de Courtney n'était pas si éloigné de son nouvel environnement.
Dans la seconde partie, elle rencontre les autres membres de la communauté sorcière et notamment les enfants. Si au départ elle était ravie de connaitre des gens comme elle, elle déchante rapidement en remarquant qu'ils sont pas plus intéressant et inteligents que les autres. Avec sa nouvelle classe elle va se retrouver dans le monde des gobelin  pour tenter de sauver un de ses camarades changé en gobelin par un idiot de sa classe qui voulait faire le malin. Arrivé dans le monde ils vont se retrouver séparer, Courtney connaissant les dangers de se monde fait attention et les prévient mais ils ne l'écoute pas et se retrouve pour certain, à deux doigts de servir de repas, esclave chez une des "horreurs" dirigeant ce monde...
Dans cette partie nous avons l'introduction d'un nouveau personnage que je trouve superbe: le roi de l'Ombre. Ce dernier à acheté sur le marché des esclaves une camarade de Courtney pour en faire une de ses filles.

La fin de ce tome est presque aussi belle à mon sens que celle du second. Nous avons ici la fin de la monté en intensité qu'il y a au cours des trois tomes.
Le personnage enfantin de Courtney à perdu tout caractère infantile et au départ il s'agissait de petites histoires mignonettes, nous avons avec les deux derniers tomes un personnage plus attrayant, ambigu et au final terriblement humain.
Les Choses de la Nuit, présentées à travers le regards des sorciers comme des bêtes affreuses nous semblent nettement plus humaines et sensibles.

L'édition lue présente une galerie de dessin sur les personnages de la série. Personnellement si je trouve que le dessin de Ted Naifeh est vraiment beau ( ni trop détaillé ni trop simpliste, les instants, personnages, actions... voulant être mis en avant le sont justement par la présence de détails qui n'apparaissent pas autrement) cette galerie me laisse absolument indifférente. Une est assez rigolote. Nous y voyons Courney une brosse à la main et tirant la langue qui frotte un Butterworm raleur dans une baignoire, son petit frère hilare sur le bord.

La petite histoire inédite de 4 pages est mignone, vraiment. Elle nous raconte une première visite de Courtney et ses parents à l'oncle Aloysius alors que la fillette était plus jeune et se perd dans le manoir, rencontrant ça et là diverses créatures de la Nuit.

http://www.elbakin.net/fantasy/photos/courtney2.jpg

Les illustrations couleurs
sont par contres sublimes, souvent en deux teintes dominantes ( rouge et bleu, vert et jaune, vert et orange, rouge et noir, ocre et noir, bleu et jaunes...) elles rendent compte tantôt d'une atmosphère pesante (Courtney dans la ville gobelin) tantôt noble (Aloysius dans son fauteuil avec Skarrow par terre et Courtney dans un coin)
Deux mentions spéciales, sans surprise qui correspondent à mes deux personnages préférés.
L'illustration de Skarrow avec Aloysius.
Celle de Courtney et du roi de l'Ombre.



¤ Conseil

A lire et relire à souhaits.



 

Le corps exquis, Poppy Z Brite

Reverence.Sateenkaari

Mercredi 10 février 2010 à 14:05

Avis de lecture

Poppy Z Brite, Le corps exquis 1996
Edition j’ai Lu, collection nouvelle génération 1999
Traduction Jean Daniel Brèque

Relecture

http://imados.fr/history/72/le-corps-exquis_couv.jpg

¤ 4ème de couverture


Née en 1967 à la Nouvelle Orléans, récompensée en 1994 par le British Fantasy Award, Poppy Z Brite fait figure de chef de file d’une nouvelle génération d’auteurs entre littérature underground et terreur. Son œuvre provocatrice dévoile la réalité froide et crue d’une société puritaine à la dérive.

Perversion des âmes et poésie du macabre au service d’une des fictions les plus noires jamais publiées sur les serial killers :sans concessions, choquante, répulsive. Un roman fascinant et extrémiste. Un livre dont aucun lecteur ne ressortira indemne.

«  Le corps exquis est un roman ambitieux, une troublante histoire d’amour. C’est probablement une des œuvres phares de ce que les Anglo saxon ont accompli en littérature : donner des lettres de noblesses à leur culture underground. » Virginie Despentes

«  Poppy Z Brite est une sorcière de l’écriture : elle mélange dans son chaudron moderne des ingrédients dont l’assemblage, aujourd’hui, illustre notre fin de siècle par le biais de la métaphore violente. » Marie Darrieusseq

¤ Notes sur l’auteur

Poppy Z. Brite (née Melissa Ann Brite) est une auteur  américaine née à la Nouvelle-Orléans le 25 mai 1967. Elle s’illustre dans un style d’horreur et de fantastique avec pour particularités de mettre en scène dans chacune de ses œuvres des personnages homosexuels, de décrire des actes crus et de mentionner avec une froideur troublantes des faits choquants.

Âmes Perdues (Titre original Lost Souls, 1992),
Le Corps Exquis (Titre original Exquisite Corpse, 1996)
Eros Vampire (1 et 2) (1997)
Sang d'Encre (Titre original Drawing Blood, 1993)
The Crow: le cœur de Lazare (Titre original The Crow: The Lazarus Heart, 1998)
Alcool (Titre original Liquor, 2004
La Belle Rouge (Titre original Prime, 2005)
Soul Kitchen (2006)
D*U*C*K (2007)
Les Contes de la fée verte (Titre original Swamp Foetus ou Wormwood, 1993)
Self-Made Man (Titre original Are you loathsome tonight? ou Self-Made Man, 1998), Petite Cuisine du Diable (Titre original The Devil You Know, 2003),
Used story (2004)
Antediluvian Tales (2007)

Notons également qu’elle est l’auteur d’une biographie sur Courtney Love.


¤ Citations

Il y a une foule de passages de cet ouvrage qui pourraient faire l’objet de citations. Retenons une citation qui me semble fondamentale à cette œuvre, véritable reflet de cette «  poésie du macabre »

«  Ta vie est entrée en collision avec la mienne et tu n’as pas survécu au choc, tout simplement »  P 79, Andrew à propos de Sam.

« Ziggy Stardust, après l'éclatement de son groupe se frottant le visage sur des éclats de verre et jurant qu'il voyait des étoiles"

¤ Avis

Tout d’abord comme vous avez pu le remarquer la 4ème de couverture ne nous indique nullement de quoi il retourne dans cet ouvrage. Je vous propose donc de commencer par un petit résumé.
Difficile en effet d’aborder un livre sans trop savoir de quoi il retourne.

Andrew Campton est londonien et condamnée à la prison à vie pour avoir tué 23 garçons. Entre autre. Il réussit néanmoins à  s’échapper par un stratagème fatalement brillant. C’est ainsi qu’il gagne les Etats-Unis et la Nouvelle Orléans où il fait la rencontre de Lysander «  Jay » Byrne, un autre prédateur nocturne, dont les petits plaisirs culinaires sont tout à fait particuliers. Une certaine histoire d’amour, de conception nettement plus forte que communément admise, se tisse entre le nécrophile et le nécrophage qui vont ainsi chambouler définitivement la vie de Tran, un jeune vietnamien gay jeté dehors par ses parents et que son ancien petit ami à tenter de contaminer avec son sang porteur du HIV.

Véritable tragédie moderne cette histoire d’amour et de mort se déroule dans un monde qui n’est que le reflet de notre univers. Quelque chose de sordide dans lequel on fini toujours par trouve une Beauté, pas forcément là où l’on s’y attendait.
On s’attend à détester les personnages à l’instant même où l’on comprend leur véritable nature monstrueuse, et pourtant on ne peut que les aimer tant ils sont passionnels et passionnés. Virtuoses de l’amour il n’en sont pas moins terriblement seuls, ce qui les à en partie conduit à leurs actes pleinement assumés.
Effectivement on peut très bien s’arrêter à une première lecture bornée du type «  bouh c’est sale c’est méchant ce sont des vilains, ils sont amoraux, pas dans les normes, déviants…. » Mais au-delà de conceptions morales à propos de nécrophagie et nécrophilie il s’agit d’un récit délicieusement présenté et si la traduction se place à la hauteur de la plume effectivement alors on peut il me semble parler de poésie du macabre.
On y rencontre en arrière fond subtil des questions récurrentes dans la vie des jeunes homosexuels, à savoir le rejet, sa douleur, le HIV qui plane constamment,, le mal aise des autres…
Le personnage de Lush Rimbaud qui ne m’avait pas le plus touché lors de ma première lecture m’apparaît ici et maintenant comme un écorché vif au cœur débordant d’un amour trop grand pour lui, comme tout les personnages, et notamment Jay qui pour garder ses amants le plus longtemps possible en absorbe la chair, mais aussi comme un écorché qui se hais plus qu’il ne hait le monde contre lequel il crache toute ses douleurs et rencoeurs.
A travers les personnages les plus «  malsain » on  retrouve un écho à une partie de nous même qu’on ne pensait pas avoir. Le désir de faire du mal, à soi, aux autres. Cette haine farouche qui nous prend le ventre, l’angoisse et la douleur de se retrouver seul sans qu’on nous ait demander notre consentement…

Tout comme Amour, Prozac et autre curiosité de Lucia Etxebarria un peu plus haut, il s’agit d’un roman parfait pour les lendemains de ruptures. Aucun happy end à proprement parlé, on y trouve un reflet de toutes ces choses que l’on croit, veux croire, de toutes ces paranoïas qui nous assaillent en de tels moment. Attention je ne parle pas ici de thérapie ou de catharsis juste de soulager un peu une douleur en s’enfonçant profondément dans la Douleur même.

¤ Conseil de lecture

Âme sensible s’abstenir bien qu’il s’agisse d’un pur délice littéraire. Non seulement à lire et relire mais à avoir dans sa bibliothèque



Mardi 9 mars 2010 à 11:11

Avis de lecture

¤ Brian Keaney
Le maître des illusions, Tome 1, Le rêve interdit
. 2006
Editions Hachette, collection Black moon, 2008
Traduction Raphaele Eschenbrenner

http://www.decitre.fr/gi/79/9782012014879FS.gif

* 4ème de couverture

L’île de Tarnagar abrite un étrange asile : les patients y sont enfermés parce qu’ils rêvent. Dans ce lieu inquiétant, la liberté et l’espoir n’existent pas, et tout le monde se plient aux règles de vie de l’énigmatique Dr Sigmundus. Mais Dante, un jeune cuisinier, et Béa, une fille de médecins, se posent des questions et refusent de se soumettre à une telle existence. Aidés par Ezekiel, un mystérieux patient considéré comme très dangereux, ils vont peu à peu découvrir l’incroyable vérité…

Un monde où le rêve est interdit.
Un monde où les pensées les plus secrètes de chacun sont connues…


* Avis

   Il s’agit clairement d’un livre de littérature jeunesse/ ado (ligne éditoriale de la collection Black moon) tirant dans le domaine de la SF. Ce monde qui n’est pas le notre où la science à changer, chambouler, l’ordre établi, pas forcément pour le mieux, est présenté à travers les deux parties du roman, Tarnagar et Moiteera.
Si les personnages apparaissent de manière un peu simpliste, lorsque nous pénétrons dans le cœur de l’histoire avec le fluide odique, tout ce complique. En effet, la remise en cause de la réalité, de sa perception, comme elle est présentée n’est pas forcément très accessible au public premier du roman.
L’histoire en elle-même est agréable, mais pas originale et la traduction en fait un ouvrage simple à lire (quelques heures pour ma part).
Personnellement je ne trouve pas que l’accent soit mit sur l’interdiction du rêve à Tarnagar. On comprend vite qu’effectivement le rêve est un tabou, une honte, quelque chose à éradiquer a grands renforts de médicaments manipulant l’esprit mais cela ne  se fait p
as avec les patients dont on ne sait au final pas pour quels raisons ils sont internés. Le tabou du rêve passant par l’angoisse de Bea à avouer qu’elle rêve.
   Si la première partie, Tarnagar, ne pique pas ma curiosité, il s’agit en effet d’un enchainement de péripéties sommes toutes communes pour la littérature jeunesse, une vie pas très heureuse, une prise de conscience plus ou moins élaborée, une fuite, la seconde partie, ou plus exactement la fin de la seconde partie commence à titiller mon esprit. Tout le début de la partie Moiteera, nous narre leurs vie dans la ville en ruine, leurs nouvelles vie, avec des nouvelles amitiés, des jalousies qui se profilent légèrement mais rapidement étouffées par des bons sentiments. Ce n’est qu’à la fin de l’ouvrage au final que s’amorce l’essentiel, et le coté intéressant, de l’histoire, gardons à l’esprit qu’il ne s’agit que du premier tome, avec le début du discours sur la réalité, la perception et la modification par la volonté de cette réalité.

   Au final, bien qu’il ne soit pas du tout longuet à lire, ce premier tome ne présente que le début d’une histoire, laissant le lecteur sur sa faim aux dernières pages qui commencent enfin à devenir intéressantes.

* Conseil

   A lire pour s’aérer, mais en ayant le second tome sous la main, qui avec un peu de chance ne reprend les même « défauts «  que ce num
éro un…

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